Poche à douille, ma soeur, mon ennemie

Ou comment domestiquer la plus redoutable compagne des pâtissiers

Poche à douille 1

Pour paraphraser Jules[1] : permettez-moi de vous présenter mon ennemie intime
J’ai nommé la perfide, la fuyante, la rebelle poche à douille !!!

Pour commencer, je ne sais jamais s’il faut écrire Poche à douille ou Poche à douilleS… C’est vrai, on a généralement un assortiment de douilleS avec une poche, mais on ne l’utilise qu’avec une seule à la fois… N’est-ce pas (déjà!) un indice de duplicité de l’horrible accessoire, ça ?

A longueur de blogs, on la voit apparaitre : au détour d’une recette de macarons, au beau milieu de la réalisation d’éclairs somptueux, au moment du dressage d’une mousse à l’avocat… bref, elle est partout !

Or, je ne sais pas ce qu’il en est pour vous, mais moi, sincèrement, j’ai mis des années à vaguement maitriser l’indomptable ustensile.

  • Joie ineffable de devoir faire le double des quantités indiquées sur la recette parce que, lorsque je dois remplir une poche de 200g d’une préparation quelconque, j’en ai généralement au moins 150g sur les mains… et le reste sur le plan de travail (ou mieux : sur le sol, après passage tout au long de la porte du placard)
  • Bonheur indicible d’avoir (à peu près) réussi à remplir l’objet honni et de m’apercevoir que toute la garniture s’est généreusement répandue par la douille sous l’effet surprenant (mais inéluctable) de la gravité
  • Jurons à peine étouffés Sérénité absolue devant une poche explosée au moment de dresser la préparation que j’avais mis des heures à réaliser
  • Sourire zen devant le gateau (et accessoirement, le papier-peint) soudainement entièrement tacheté à cause d’une bulle d’air oubliée au milieu de la crème au beurre
  • Béatitude féerique procurée, au moment où je tente de fermer LA poche, par la vision du liquide qui s’obstine à fuir la douille pour remonter inexplicablement vers ma main … et finir sur mon poignet, si ce n’est sur les pieds des enfants, passés par là par mégarde !

Que celui ou celle qui n’a jamais rien vécu de tout cela me jette la première douille !

Mais je ne suis pas la seule, j’en suis sure… j’ai même quelques preuves : par exemple ici, ou là (comme quoi, même les meilleures ont été, au moins une fois, victime de l’objet maudit) 😉

Après moult essais, maints conseils glanés auprès de pros ou de blogueuses avisées, j’arrive à peu près à maitriser l’outil. Je n’irai pas jusqu’à dire que je l’ai dompté : cet ennemi-là est tellement pervers, que s’il arrivait à ma poche à douille de lire ces mots, je crois bien qu’elle serait capable de se venger en se bouchant inopinément par exemple…

Je vous propose donc de partager la technique de la poche à douille, en espérant que cela évitera à certain(e)s de vivre les joies que je vous ai décrites plus haut

(Clic sur les images pour les agrandir)

Poche à douille fermeture de l'embout

Avant tout, on obture l’embout en glissant un peu de la poche au fond de la douille à l’aide du pouce pour éviter que toute la préparation ne coule par le bas au fur et à mesure du remplissage).

Poche à douille revers de la poche
On fait ensuite un joli revers en haut de la poche (n’hésitez pas à la retourner sur presque la moitié de sa hauteur : ça permettra de la fermer sans écoulement intempestif de préparation par le haut)

Poche à douille remplissage
On rempli ensuite la poche en la maintenant d’une main sous le revers, et en essuyant la maryse ou la corne contre le coté de celui-ci (pour éviter d’en mettre partout, en particulier, à l’extérieur de la poche) Il faut bien prendre garde à ne pas insérer de bulle d’air en tassant bien la préparation

NB : j’ai utilisé ici une préparation relativement solide, ce qui facilitait le remplissage d’une main, le maintien de la poche de l’autre, et le clic sur l’appareil photo… avec les dents. Mais je vous assure que ça marche aussi très bien avec une garniture plus liquide, lorsqu’on n’est pas en séance photo.

Poche à douille remplie
On remonte le revers et on le ferme en tournant pour faire avancer la préparation vers la douille en chassant les bulles d’air (pour éviter l’effet vaporisateur au moment de l’utilisation)

Poche à douille
On fait un essai préalable sur une feuille de papier sulfurisé, par exemple, pour s’assurer que l’embout est exempt de bulles d’air et que la préparation s’écoule correctement.

Et on se lance !

PS :

L’ennemi est bête : il croit que c’est nous l’ennemi alors que c’est lui !

(Pierre Desproges)

Notes

[1] Jules Verne, in Michel Strogoff

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  1. Uh uh j’en suis pas encore là (utiliser une poche à douille! je croyais que ça servait pour la chasse!), mais je vais faire un copié-collé de tes conseils, sait-on jamais!

  2. Ca fait partie des ustensiles que j’aimerais bien maîtriser, c’est tellement joli les petits dessins faits avec, mais je fais aussi partie des victimes de la poche perverse. Et il y a aussi le lavage, pas très agréable non plus. Merci pour le truc du revers, je n’y avais pas pensé, ça va me faire gagner en propreté, je le sens.

  3. Comme beaucoup de choses, ça parait insurmontable, et en fait avec un peu d’application et de pratique, c’est tout simple!

  4. Merci pour ces explications détaillées super utiles! Avec les photos, c’est vraiment parfait! Un jour je me lancerai et j’essayerai – j’ai pas encore osé… En attendant, je vais bien noter tes explications qui seront très utiles en temps voulu! Merci ! 🙂

  5. Au début, c’est sûr que c’est pas évident de maîtriser cette “bête” mais avec de l’entraînement, on fait des progrès. Après, on ne peut pas résister à l’utiliser très souvent.
    Question lavage, il existe des poches jetables en nylon (chez Mora ou autre) : quel soulagement depuis que j’ai découvert ça !!!

  6. Je me débrouille bien avec. J’ai encore de la pratique à y mettre pour être parfaitement en harmonie avec cet outil.

    C’est dans mes cours de pâtisserie, que je vais pouvoir pratiquer amplement.
    🙂

  7. comme je me suis reconnue ds ton intro! tout à fait ça!! alors j’ai bien lu et regardé tes conseils et je vais essayer de mettre en oeuvre, plus d’excuses!

  8. La poche à douille(s), ça va à peu près… pour moi l’ennemie, c’est la mandoline (pas l’instrument de musique!), ça c’est vraiment une sale bête et qui coupe, en plus!

  9. Je me suis tout-à-fait retrouvée dans tes propos, j’ai utilisé la poche à douille dernièrement et c’est loin d’être évident.
    Merci pour la technique, je vais pouvoir m’améliorer !

  10. pour dompter cette bête, je lui coince le bec avec une pince à linge et je la dépose dans un haut verre mesureur avec un très grand revers
    comme ça j’ai mes deux mains libres et ensuite j’enlève la pince et au boulot coco!!!!

  11. C’est en pratiquant régulièrement …..J’en sais quelques choses avec les macarons !!!!
    merci pour cette explication !!!!
    Bizzzzzzzzzzzzzz
    Barbichounette

  12. Je ne l’aime pas non plus la poche à douille! J’ai opté pour les jetables. Elles ont deux intérêts: le premier évident est qu’on n’a pas besoin de la laver, le second est que l’embout est clos dès le départ/ On met la douille à l’intérieur et c’est seuelemnt quand elle est pleine que l’on coupe une ouverture. Donc on n’en met pas partout pendant le remplissage (ce qui n’empêche pas les dégats ensuite bien sûr!).
    Merci pour ces explications claires!!

  13. C’est vrai que c’est pas facile, surtout les premières fois. Personnellement, je n’utilise plus de poches à douille flexibles. On trouve dans les grandes surfaces un ustensile en forme de tube en plastique (genre presse à vermicelles) avec douilles interchangeables et fermeture à vis sur le dessus. C’est très pratique à utiliser et à nettoyer. Et en plus pas cher du tout, env. 4-5 Euros. Soho, si je viens à Paris cette année, je t’en fais parvenir un.
    Bien à toi
    verO

  14. @ tous : merci de me confirmer que je ne suis pas la seule 😉

    @ Anne : merci pour ce lien suplémentaire qui me rapelle étrangement une scéance que j’ai vécue avec des macarons au citron :-p

    @ Mamina : la poche à douille a cet avantage sur la mandoline : elle ne coupe que très rarement… chacun son calvaire 😉

    @ Cammu : mais toi, tu es une pro 😉 et si tu as de nouvelles astuces dans tes cours, pense à moi !

    @ alhya : courage !

    @ kashyle : super idée le coup du verre doseur ! je vais tester ! merci 🙂

    @ VerO : je ne connais pas ! Serais-tu ma salvatrice??? 🙂

  15. Depuis que j’ai lu ce post, j’utilise la technique de la pince à linge. Très pratique.
    http://alatabledel.canalblog.com/ar
    J’utilise également des poches jetables, car pas à laver.
    J’ai essayé la “seringue” à douille quelques fois mais c’est laborieux, je prefère la poche.

    En tous cas, ce post m’a bien fait rire 😉

  16. Finalement, j’ai trouvé LA solution qui me convient (sauf si tu veux faire des petites vagues) : je prends un grooos sac congélation, que je pose dans un vase par exemple, je verse la totalité de la préparation dedans, je tasse, je noue, et je fais un p’tit trou à l’autre bout. Et hop 🙂

  17. @ Senga : merci

    @ Christel : j etrouve les poches jetables moins résistantes et pour le lavage , hop lave-vaisselle

    @ Claude-Olivier et Sophie : heureuse que vous vous sentiez moins seuls 😉

    @ Bergamote : je comprends ta solution, mais quand tu as besoin d’une douille cannelée, ou d’un ruban, ou pour un St Honoré, ou… pfff…

    @ Valérie : mieux vaut en rire 😀

  18. merci pour ce cours magistral 🙂 lilo a dernièrement donné une astuce supplémentaire dans son dernier billet ! faut aller voir :p

  19. Je vais garder tes precieux conseils, meme si je suis fidele au sac Ziploc, solution de facilite, j’avoue, mais quand meme moins solide que la vraie, la terrible poche a douille.

  20. je fais aussi comme bergamote avec le ziploc de vanessa !
    Mais il faut prendre le vrai ziploc et non une sous marque sinon par la pression ,il peut de dessouder!

  21. Moi aussi j’ai opté pour le “décorateur de pâtisserie” en plastique rigide comme VérO, on dirait une seringue dans laquelle on met la préparation, puis on presse. Avec des embouts interchangeables. Parce que la poche à douille, hein…ça suffa comme ci!!!!

  22. @ Marion : oui! merci ! il faudra que je l’ajoute 🙂

    @ Vanessa et Lili : Eh oui, ça explose plus souvent

    @ Debo : il faudra que j’essaie

  23. Alalalalala !! Je ne te jetterai pas la première douille… D’ailleurs le jour où vous me verrez prendre une photo de mes oeuvres avec la poche à douille en main n’est pas encore arrivé… hi hi !
    En tous cas un grand merci pour tes précieux conseils que j’appliquerai la prochaine fois !

    NB: Je suis fan de Desproges !

  24. j’ai bien ri à la lecture de ton post, surtout quand tu évoques la séance photo 😉
    je ne me sens pas encore prête pour l’affronter cette ennemie 😉

  25. Moi je me retrouve toujours avec d’un côté la douille de l’autre la poche !!! Je vais investir dans ce truc en plastique c’est sûr

  26. J’utilise des poches jetables. La technique du revers, je connais. Par contre, je ne savais pas comment faire pour éviter de faire sortir la préparation de l’embout. Si ce qui gêne c’est surtout le choix justement dudit embout. Et si ce n’est pas le bon, il faut tout vider et recommencer. L’horreur !

  27. Moi aussi pour dompter cette petite car elle ne m’aura pas. Je n’avais pas pensé de la fermer avec une pince à linge et comme Kashyle. Je la dépose dans une grande tasse genre Mug.
    Aussi en lisant tous les commentaires celà nous aide énormément.
    Merci de ton aide précieuse Soho.
    Madoré047

  28. j’ai passé un bon moment à lire tous vos messages sur la poche à douille, pour ma part, je n’utilise pas la technique de la pince à linge, je plie tout simplement la poche en remontant la douille et j’introduis le tout dans verre en plastique assez haut, ça permet d’avoir les mains libres pour remplir… et prendre une photo 😉

  29. je ne te jetterai sûrement pas la douille !!! je suis moi même la reine des nouille en ce qui concerne cette satanée poche !!!
    je reviendrai relire attentivement tous ces précieux conseils !!! j’en ai grandement besoin !
    c’est bon de ne pas se sentir seule tout de même …

  30. Je n’ai eu que deux expériences avec des poches à douille. La première, catastrophique, avec une poche en matière plastique à 2 ou 3 euros achetée en supermarché : la crême pâtissière est sortie par les coutures en explosant la poche dès la première utilisation ! La seconde, c’était il y a deux heures, avec une poche en coton à 23 euros (oui, ils abusent grave) achetée en magasin spécialisé. Résultat : impeccable (c’était de la pâte pour faire une dacquoise). Le nettoyage est également fastoche comme tout.

  31. Moi je ne trouve pas cela si terible ce qu’il faut c’est de l’entrainement et aprés c’est trés simple : on y arrive sans probleme

  32. Moi aussi, j’ai du mal avec la poche à douille… J’avais acheté une poche lavable avec ses douilles, et j’ai eu le plaisir de voir ma pâte à meringues ressortir par les petits trous du tissu. Résultat, j’en avais plus sur les mains que sur ma plaque.
    Conséquence ? J’ai acheté une poche à douille rigide chez Tupp, que je devrais recevoir aujourd’hui. Fini les blancs en neige plein les mains…

  33. Oh lala! lorsque j’ai lu ce commentaire j’ai bien cru pendant 1 mn que c’était moi qui l’avais écrit, tellement la description est vrai, la crème sur les mains, les bras, parterre, ect…. Je me suis essayée aux macarons, ai suivi la recette à la lettre, en pâtisserie c’est au g.prêt, et ma meringue était plutôt réussi. Mais….quand la bataille était fini, et que j’ai enfin pu mettre suffisamment de meringue dans la poche , j”ai fais des macarons de forme qui n’existe pas en géométrie, après la guerre de la poche, c’était la guerre des nerfs. Il y en a quand même une dizaine qui ont échappés aux formes non conforme.La cuisson était top, la ganache aussi.
    C’est bien simple, si on ferme les yeux est qu’on déguste, on a un plaisir gustatif divin, mais pour le plaisir des yeux on repassera. Ca ne fait rien je suis têtu, je recommence demain….
    La ganache:
    chauffer 25cl de crème fraîche avec un sachet de café senséo ou autre et laisser infuser. Filtrer et verser sur 200g de chocolat noir cassé en morceaux. Ajouter 30g de beurre et bien mélanger la ganache. Réserver au frais 1 nuit. Garnir vos coques de macrons les remettre au frais avant de les déguster.
    Amicalement Brigitte.

  34. Bonjour,
    Merci mille fois pour cette démonstration. J’ai fait l’acquisition d’une poche il y a 2 ans, j’ai tenté de m’en servir 3 fois, il m’est arrivé chacun des points cités plus haut (en 3 fois seulement, j’ai fait fort !)…..
    Je vais tenter dès demain une réconciliation….
    p.s.: chocoholic également j’ADORE votre site ! En train de monter mon propre blog, je me permettrai de vous proposer un peu plus tard de mettre votre lien chez moi..
    Axelle

  35. Je suis tombée sur cet article en cherchant des astuces pour la poche à douille. Je suis une brêle (faute avouée à moitié pardonnée :p ) en poche à douille, tout les cas cité plus haut c’est moi à chaque fois… j’ai beaucoup rit (jaune) quand j’ai lu le cas des 200g de préparation avec 150 sur les mains et le restes à côté! ça avec les décors en chocolat j’ai juste envie de pleurer lol
    J’ai vécu l’explosion de mousse de crème aux marrons jeudi dernier en fourrant des choux… bref que du bonheur!
    du coup je pense que je vais m’entraîner, j’ai un peu une bûche à faire encore cette année (même 2!) et je n’ai pas envie, comme l’année dernière de finir par tout étaler sur ma bûche et de faire des traits avec une fourchette (véridique!)
    Merci pour ce superbe article! je penserai à toi à mon prochain essai!

  36. Je vois que je ne suis pas la seule à qui ces mésaventures arrivent… OUF
    Ce sentiment d’injustice ! L’important étant aussi d’avoir une poche à douille de bonne qualité, car l’éclatement est péripétie courante lorsque la poche est médiocre.
    J’achète les miennes sur MeilleurduChef.com et aucune n’a explosé. Soit je prends le coup de main, soit c’est la qualité qui joue. J’aime à penser que je commence à prendre le coup

    Merci pour cet article !

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